Double-Sens | Quentin ingénieur et alternant

Formation
Publié le 30 Mar. 2026
Double Sens : un seul profil, deux directions ! Derrière chaque parcours, des choix, des tensions, une volonté farouche d’aller plus loin. Cette série de portraits donne la parole à celles et ceux qui mènent deux vies avec une seule boussole : l’ambition. Rencontre avec Quentin, étudiant dans le cursus de spécialité énergie en alternance à Centrale Lyon, qui a su transformer un parcours fait de détours en trajectoire d'exception, entre patience, résilience et alternance.

Une idée fixe, un chemin atypique…

Comment es-tu arrivé à Centrale Lyon ?
Tout a commencé lors d'une visite d'école organisée en terminale, au lycée Édouard Branly. Ce jour-là, j'ai visité Centrale Lyon et j’ai découvert son FabLab, ça a été un coup de cœur immédiat ! J'avais de bons résultats, des profs qui m'encourageaient à tenter, je me suis dit : pourquoi pas une école d'ingénieurs ? 

L'idée a fait son chemin et j’ai intégré la prépa PCSI à La Martinière à Lyon. La première année passe difficilement, la deuxième année c’est mieux mais sur le plan personnel, les choses étaient compliquées. J'ai décroché progressivement mais je m'étais fixé un objectif minimal : aller jusqu'aux écrits. Je ne voulais pas rester sur un abandon même si je ne poursuivais pas en école d’ingénieurs

Qu'est-ce qui t'a finalement conduit à reprendre des études ?
Après la prépa, j'ai travaillé pendant près de trois ans. Des jobs divers, de l'intérim, des secteurs très différents. C'est une rencontre dans une industrie — un patron et un chef qui m'ont bien accueilli — qui a été un déclencheur. Ils m'ont dit clairement : tu devrais reprendre des études, tu t’ennuies ici. Mon entourage m'a poussé dans le même sens et j’ai décidé de chercher une formation dans le domaine de la physique

Je me suis inscrit à l'IUT du Creusot en cours de route — la cheffe de département m'a appelé personnellement parce que mon dossier, malgré un parcours atypique, l'avait intéressée. Je me suis mis au travail sérieusement. J'ai terminé premier de ma promotion sur les deux années. Avec la réforme IUT, une passerelle vers les écoles d'ingénieurs s'est ouverte. J’ai hésité entre l’INSA et Centrale Lyon mais la question ne s'est pas posée longtemps : je voulais Centrale Lyon depuis le lycée ! J'ai présenté un dossier pour intégrer le cursus de spécialité « Énergie conception des installations » en partenariat avec l’ITII et j’ai été admis.

L'alternance, être au cœur du réacteur !

Le cursus d’ingénierie « Énergie conception des installations » est une formation en alternance, qu’est-ce que ça t’apporte ?
L'alternance, c'était une façon de garder un pied dans l'entreprise tout en décrochant le diplôme que je voulais depuis le lycée. Ce qui me plaît, c'est d'être au cœur des enjeux réels d'une entreprise et d'apprendre des choses que l'école ne m'aurait pas apportées. Chez EDF, j’ai intégré la Direction Technique et Ingénierie, je travaille sur la neutronique, le cœur des réacteurs. C'est un sujet de niche, en arrivant dans l’équipe je ne savais même pas ce que c’était. L'alternance m'a vraiment permis d’approfondir mes connaissances sur cette thématique.

Comment vis-tu le rythme de l’alternance ? Comment Centrale Lyon et l’ITII t’accompagnent ?
Le rythme, c'est environ deux à trois semaines en entreprise, deux à trois semaines à l'école. C'est intense, mais c'est exactement ce que je voulais. Côté suivi, chaque élève-ingénieur a un tuteur entreprise et un tuteur pédagogique côté école. Le tuteur pédagogique fait des visites en entreprise chaque semestre, s'assure que les projets sont en adéquation avec la formation et au niveau ingénieur. Il reste disponible entre les visites en cas d’interrogation ou de doute, comme l'ensemble des enseignants du cursus d'ailleurs. Je trouve qu’ils sont extrêmement présents, c’est l’avantage d’une petite promotion.

Comment s'est passée ton intégration en entreprise chez EDF ?
Très bien, parce que j'avais déjà connu le monde du travail sous des formes très différentes — chantier, intérim, secteurs variés. L'adaptation dans un milieu plus tertiaire ne m'a pas dépaysé. Le groupe EDF est très respectueux du contrat d'alternance : il fait attention au rythme, aide sur les déplacements et le logement si besoin. L’entreprise organise aussi des journées communes stagiaires-alternants, donc l'intégration dans le collectif se fait naturellement. Et surtout, j'avais un tuteur vraiment impliqué, qui m'a proposé des projets passionnants dès le départ
 

Un cursus spécialisé, mille possibilités !

Tu es actuellement en fin de cursus, en mobilité internationale en Angleterre — peux-tu nous en dire plus ?
Oui, je suis détaché chez EDF Energy, sur le projet du réacteur Hinkley Point C en construction près de Bristol. La mobilité internationale est obligatoire dans le cursus — trois mois minimum — et c'est vraiment un atout de la formation. Dans mon cas, c'est mon tuteur chez EDF qui a rendu ça possible : il a identifié l'opportunité, porté le projet et facilité la mise en contact avec l'équipe britannique. Mon travail de fin d'études s'inscrit dans la continuité directe de ce que je faisais en France — utiliser les données de démarrage de Flamanville pour valider le code de calcul neutronique utilisé par EDF Energy ici. C'est concret, c'est utile, et ça boucle vraiment bien le cursus. Pour mes camarades qui n'avaient pas cette opportunité via leur entreprise, un stage de recherche en laboratoire à l'étranger est possible — différent, mais tout aussi enrichissant.

La formation est un cursus ingénieur de spécialité, est-ce que ça bride les débouchés ?
L'énergie, c'est tellement vaste. On parle de tous les modes de production — nucléaire, renouvelables, thermique — de la conception jusqu'à la production, en passant par la physique, la mécanique, la chimie. C'est presque une filière généraliste avec une option énergie, vraiment. Le niveau académique de Centrale Lyon et sa renommée permettent de sortir du domaine de l'énergie si on le souhaite. Dans ma promo, certains repartent même faire des masters plus spécialisés après le diplôme, d'autres continuent en doctorat avec leur entreprise grâce au dispositif CIFRE.

Et toi, qu'est-ce que tu envisages après Centrale Lyon ?
Honnêtement, j'ai arrêté d'essayer de tout planifier. Je rentre en France en août pour finir mon alternance et soutenir mon travail de fin d'études. Ce qui vient après, je verrai. Je me plais chez EDF, je suis dans leur vivier alternants, ce qui facilite les candidatures internes. Mais je ne suis pas fermé car le nucléaire va se développer avec les SMR — petits réacteurs modulaires — via le dispositif France 2030. Et puis l'expérience en Angleterre m'a donné le goût de l'international. On verra ce qui se présente...

Ingénieur de spécialité « Énergie conception des installations »

Le cursus ingénieur de spécialité « Énergie conception des installations » en partenariat avec l'ITII de Lyon est réalisé en contrat d'apprentissage sur trois années. Ce parcours vient répondre à un besoin incontestable du secteur de l'énergie en ingénieurs en conception d’installation de production, distribution ou exploitation efficace de l’énergie à l’échelle de territoires, de sites industriels et de bâtiments.

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