Double Sens | Flavio ingénieur et pianiste

Formation, Vie étudiante
Publié le 08 jan. 2026
Double Sens : un seul profil, deux directions ! Derrière chaque parcours, des choix, des tensions, une volonté farouche d’aller plus loin. Cette série de portraits donne la parole à celles et ceux qui mènent deux vies avec une seule boussole : l’ambition. Rencontre avec Flavio qui compose sa trajectoire à double tempo, passant d’un clavier à l’autre, entre lignes de code et touches de piano...

Du code à l'ingénierie

Comment as-tu intégré la formation ingénieur généraliste à Centrale Lyon ?

Ce n'était pas une évidence car mes parents n’avaient pas fait d’études scientifiques et je ne connaissais personne dans ces filières. J’ai choisi un bac STI2D par stratégie : c’était plus en lien avec mes intérêts et me donnait davantage de chances d’intégrer un DUT informatique. Finalement, mes professeurs m’ont parlé d’une prépa TSI, réservée aux bacs technologiques. J’ai tenté, et j’ai adoré. J’ai fini major pendant deux ans, puis 16ᵉ au concours Centrale-Supélec dans ma filière, ce qui m’a permis d’entrer à Centrale Lyon.

D’où vient cet intérêt pour l’informatique ?

C’est une passion qui remonte au collège. J’ai commencé en autodidacte : un petit serveur Linux que j’avais monté moi-même, du développement web, puis un peu de Python, d’Arduino, de domotique… J’avais envie de comprendre comment les choses fonctionnaient. Cette curiosité m’a petit à petit poussé vers l’ingénierie.

Un retour crescendo à la musique

A quel moment la musique est-elle entrée dans ton parcours ?

Enfant, j’étais passionné, puis le solfège le mercredi après-midi m’a lassé. J’ai arrêté en fin de seconde. C’est en prépa que j’ai redécouvert la musique classique. Le confinement est tombé au bon moment : j’étais enfermé chez moi avec mon piano. J’ai repris progressivement et, à Centrale Lyon, le désir d’aller plus loin s’est imposé.

Quelle place la musique a-t-elle pris durant tes années centraliennes ?

La musique a d'abord trouvé sa place grâce à la vie associative. J'ai intégré l’orchestre de Centrale x emlyon où j'ai découvert la pratique d'ensemble. Même au Conservatoire quand j'étais enfant, j'avais eu très peu l'occasion de jouer avec d'autres musiciens et j'ai trouvé ça génial ! Cela m’a beaucoup motivé et je me suis lancé le défi de tenter les auditions d'entrée au Conservatoire de Lyon en 3ème cycle. J'ai passé cette audition d'entrée sans grand espoir, mais le lendemain matin, je me suis réveillé avec un message de ma nouvelle professeure, Alexandra Massei-Roshchina, qui m'annonçait que j'intégrais sa classe. 

Composer entre l'ingénierie et le piano

Flavio Sestu et Michelle Kyle
Flavio et Michelle Kyle, violoncelliste durant la mobilité au Canada

Quel temps as tu consacré à ta pratique musicale ?

Lorsque j'ai démarré le troisième cycle, cela représentait une à deux heures de cours par semaine. Encouragé par ma professeure, j’ai ensuite préparé l’entrée en Classe Préparatoire à l’Enseignement Supérieur (CPES), qui demande un engagement bien plus important. Cette première année de CPES s’est déroulée pendant ma césure, durant laquelle j'ai effectué un échange en faculté de musique à l’Université Wilfrid Laurier, en Ontario. Cet échange m’a aussi permis de valider, côté Centrale Lyon, ma mobilité internationale.

Et l'informatique dans tout ça ?

À Centrale Lyon, j’ai pu trouver l’équilibre entre informatique et musique en m’appuyant beaucoup sur la vie associative ! Du côté de l’informatique, je me suis engagé dans l’association ÉCLAIR et j'ai aussi découvert la pratique de la programmation compétitive. Cela m'a permis de nourrir ma passion technique en dehors des cours, à travers des projets concrets et des compétitions où l’on représente l’École. Et au niveau académique j'ai choisi l'option informatique pour ma dernière année du cycle ingénieur.

Aujourd'hui tu es en dernière année du cursus ingénieur et tu poursuis la musique à un haut niveau, comment t'organises-tu ?

Aujourd’hui, je suis en 2ᵉ année de CPES et je suis en dernière année du cycle ingénieur, c’est un équilibre délicat. Mes après-midis sont souvent dédiées au Conservatoire, je travaille mes cours d’ingénierie en prenant de l’avance, et j’ai choisi presque exclusivement des cours d’informatique car c’est là où je suis le plus efficace. L’aménagement mis en place par la Direction des formations rend tout cela possible sur la base de la confiance.

Prochaine étape : affiner l’accord

Quelle est la prochaine étape ?

En ce moment, je prépare le DEM, Diplômes d’Etudes Musicales, que je présenterai au mois de juin et je passe prochainement les concours d'entrée dans des établissements supérieurs de musique de Strasbourg et Toulouse. En parallèle, je m'apprête à commencer mon Travail de Fin d'Études dans le secteur de l'informatique pour valider mon diplôme d'ingénieur et commencer ma carrière.

Est-ce que tu penses pouvoir professionnellement combiner tes deux passions ?

Je ne sais pas encore où le vent me mènera mais je ne me projette pas forcément dans un métier qui combinerait directement les deux. Aujourd’hui, ce qui me plaît dans la musique c’est d’en jouer, mais je tiens beaucoup à faire vivre ces deux passions en parallèle. L’ingénierie m’apporte une stabilité et une liberté, la musique une exigence artistique et un espace d’expression. Je vois plutôt mon avenir comme un équilibre à construire, avec des périodes où l’une prendra le dessus sur l’autre, sans jamais disparaître complètement

Flavio Sestu à la cérémonie de remise des diplômes