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Vingt-cinq ans de coopération avec l'Ukraine : Centrale Lyon distinguée par l'ambassade d'Ukraine en France

Alliances, International
Publié le 17 Jul. 2026
Le 26 juin 2026, Centrale Lyon a été invitée au nouveau consulat d'Ukraine à Lyon pour présenter l'historique de sa coopération avec les universités ukrainiennes. À cette occasion, l'école a reçu une lettre de remerciement signée par S.E.M. Vadym Omelchenko, ambassadeur d'Ukraine en France, à Monaco et représentant permanent auprès de l'UNESCO, au nom du peuple ukrainien, du président Volodymyr Zelenskyy et de l'ambassade d'Ukraine en France. Elle a été remise à Pascal Ray, directeur de l'école, et à Richard Perkins, directeur du développement des relations internationales.

Cette reconnaissance clôt un cycle de trois ans de projet Erasmus+ et vient saluer une relation nouée depuis le début des années 2000, poursuivie sans interruption depuis le déclenchement de l'invasion russe.

Une coopération engagée en 2001

Les liens entre Centrale Lyon et l'enseignement supérieur ukrainien remontent à 2001, avec un premier accord de coopération associant l'école, la société SNECMA et l'Université nationale d'aviation de Kyiv. Dans les années qui suivent, des conventions sont signées avec plusieurs établissements de premier plan, dont l'Institut polytechnique Igor-Sikorsky de Kyiv et l'Université nationale Taras-Chevtchenko de Kyiv. En dix-huit ans, une vingtaine d'étudiants ukrainiens sont accueillis à Écully.

À partir de 2014, la coopération change d'échelle. Le mouvement Euromaïdan et le rapprochement de la société ukrainienne avec l'Union européenne conduisent l'école à renforcer sa politique en direction du pays. Une délégation se rend à Kyiv, les accords sont renouvelés, et des programmes de double diplôme de master sont mis en place avec l'Institut polytechnique et l'Université Taras-Chevtchenko.

Deux projets Erasmus+ successifs

Entre 2017 et 2019, un premier projet Erasmus+ de mobilité de crédits vient consolider ces échanges. Doté d'un budget de 226 000 euros sur deux ans, il permet d'accueillir dix-sept étudiants ukrainiens, d'envoyer six étudiants français effectuer un stage en Ukraine, et de réaliser quarante-huit mobilités de personnels dans les deux sens, pour des formations et des enseignements. L'ambassade de France en Ukraine complète ce soutien européen par une dizaine de bourses d'études diplômantes accordées à des étudiants ukrainiens entre 2018 et 2022.

Un second projet Erasmus+ prend le relais du 1er août 2023 au 31 juillet 2026. Son budget de 360 000 euros sur trois ans a été mobilisé à 98 %. Il a permis douze mobilités d'étudiants ukrainiens et cent vingt-deux mobilités entrantes de personnels, organisées autour de six sessions de formation d'une semaine à Centrale Lyon, sur des thématiques allant de l'évaluation des compétences étudiantes à l'innovation et à la résilience urbaine.

Ce second projet a élargi le partenariat à un troisième établissement, l'Université nationale de protection civile d'Ukraine, qui apporte un appui technique et méthodologique au Service d'État d'urgence d'Ukraine.

Un axe inattendu : le partage d'expérience entre pompiers

L'association de l'Université nationale de protection civile devait initialement porter sur la propagation du feu dans les tunnels, un domaine étudié au laboratoire de mécanique des fluides et d'acoustique. Après une prise de contact avec le SDMIS, service départemental métropolitain d'incendie et de secours, la collaboration a pris une tout autre ampleur.

Une formation a été consacrée au retour d'expérience du Service d'État d'urgence d'Ukraine sur la protection de la population lors des frappes aériennes russes. En retour, le SDMIS a partagé son expérience des feux en milieu confiné et de la robotisation des interventions dans les tunnels de métro. Deux formations supplémentaires étaient programmées, une session cynotechnique pour les pompiers ukrainiens et un exercice de coordination multiservice de la protection civile. Elles ont dû être reportées, les partenaires ukrainiens n'ayant pu se déplacer en raison du risque élevé d'attaques aériennes à l'été 2026.

Une coopération qui a résisté à la guerre

Au-delà des chiffres, la relation avec l'Ukraine s'est traduite, à partir de février 2022, par un engagement direct des personnels de l'école. Dans les jours qui ont suivi l'invasion, dix familles de chercheuses ukrainiennes et leurs enfants ont été accueillis, souvent hébergés par des membres du personnel de Centrale Lyon. L'école a accompagné ces familles dans leurs démarches et déposé des dossiers auprès du programme PAUSE, porté par le Collège de France. Sur les dix dossiers coordonnés par l'école, huit ont été financés, cinq portés par Centrale Lyon, deux par l'INSA Lyon et un par l'université Lyon 1. Deux projets PAUSE-ANR de longue durée ont ensuite été obtenus.

C'est cet ensemble, une coopération scientifique de long terme et un engagement humain concret, que la lettre de l'ambassadeur est venue reconnaître. Elle souligne la valeur d'un partenariat qui, soutenu par deux projets Erasmus+, s'est poursuivi après le début de l'invasion russe à grande échelle.

Et après

Le second projet Erasmus+ s'achève en juillet 2026. Les formations reportées, notamment le volet consacré à la coordination des services de secours, restent à l'ordre du jour dès que les conditions de déplacement le permettront. La relation entre Centrale Lyon et ses partenaires ukrainiens continuera de s'appuyer sur les liens tissés depuis un quart de siècle, dans l'enseignement comme dans la recherche.