Stéphane Foulard : Du double diplôme à la création d’une start-up à Darmstadt

À l’occasion de la célébration en juin dernier du 50e anniversaire du partenariat entre l’École Centrale de Lyon et l’Université Technique (TU) de Darmstadt en Allemagne, retour sur le parcours de Stéphane Foulard, qui symbolise la réussite et la coopération entre les deux établissements d’enseignement supérieur.

« Si on m’avait dit à mon arrivée à l’École Centrale de Lyon : « Tu vas faire une thèse en Allemagne et ensuite tu vas créer ton entreprise là-bas », je n’y aurais jamais cru ! », s’exclame Stéphane Foulard, co-fondateur de la start-up Compredict. « Tout a été une succession d’opportunités », poursuit le jeune dirigeant installé à Darmstadt. Après une prépa maths physique à Marseille, Stéphane Foulard, originaire de La Ciotat (Bouches-du-Rhône), intègre l’École Centrale de Lyon en 2007. « J’ai la fibre automobile depuis que je suis tout petit. Je me suis donc tout naturellement tourné vers l’écurie piston sport auto (EPSA) de Centrale Lyon », raconte-t-il.

C’est en fréquentant l'association étudiante qu’il entend parler du partenariat entre les deux établissements. Il décide de partir en Allemagne et obtient quatre ans plus tard un double diplôme d’ingénieur généraliste de l'École Centrale de Lyon et d’ingénieur en mécanique de la TU Darmstadt.

« Faire un doctorat, c’est un peu comme courir le marathon ! »

Tout s’enchaîne ensuite : « J’ai appris qu'un contrat cadre de double-doctorat venait d'être signé, et que dans ce cadre, un financement de thèse était à pourvoir sur un sujet automobile. Je me suis manifesté alors que je n’avais pourtant jamais pensé faire une thèse ! » Stéphane Foulard effectue ce travail de longue haleine en cotutelle au Département de génie mécanique de la TU Darmstadt (sous la direction du Professeur Stephan Rinderknecht) et au Laboratoire LTDS de l'École Centrale de Lyon (sous la direction du Professeur Mohamed Ichchou). Il étudie la « Surveillance en temps réel de la durée de vie des transmissions automobiles ». En 2015, il devient le premier titulaire d’un double diplôme franco-allemand de doctorat : « J’étais six mois à Ecully, six mois à Darmstadt pendant trois ans ! Faire un doctorat, c’est un peu comme courir le marathon ! »  

De la thèse à la création d’entreprise en Allemagne

Peu après, des industriels se montrent intéressés par les résultats de la thèse de Stéphane. Le Dr.-Ing. Foulard s'associe avec un collègue, Dr. Rafael Fietzek, pour lancer une start-up. Les deux associés décrochent en juin 2016 une Bourse de 150 000 € du ministère fédéral allemand de l’Économie et de l’Énergie. Un an après, ils obtiennent le soutien de deux investisseurs, THI (ancien propriétaire du sous-traitant automobile GETRAG) et SEK (fonds d’investissement des fondateurs de Flixbus). C’est ainsi que nait Compredict, spécialisée dans la fusion de capteurs et le développement de logiciels de surveillance et prédiction de l’usure de composants automobiles, et dans l’analyse de données. 

Même s’il admet que la vie en bord de mer lui manque parfois, Stéphane Foulard apprécie la manière de travailler des Allemands : « Ils sont plus rigides, dans le bon sens du terme. Une fois une décision prise, ils ne reviennent pas dessus comme en France ! » Après un an de prise d’activité, Compredict emploie cinq personnes à temps plein et sept à temps partiel, dont Martin Zeller, titulaire lui aussi d’un double-diplôme de l’École Centrale de Lyon et de la TU Darmstadt. Les clients de la société sont principalement des constructeurs et sous-traitants automobiles européens et mondiaux. « Notre start-up est actuellement en phase de développement et de consolidation », indique le co-fondateur de Compredict. « L’aventure allemande continue ! »

Noces d’or entre la TU Darmstadt et l’École Centrale de Lyon

La célébration du 50e anniversaire du partenariat entre les deux institutions a eu lieu les 3 et 4 juin 2018 à Darmstadt en présence d’une centaine de personnes dont une vingtaine de membres de l’École Centrale de Lyon, de nombreux acteurs de TU Darmstadt et des représentants de l’industrie, des collectivités locales et nationales.

Plusieurs tables rondes ont été animées :

  • Le futur de la coopération européenne dans la formation d’ingénieurs.
  • Les relations industrie-recherche et leur impact sur l’éducation.
  • La politique de langue d’éducation et son impact sur les programmes de double diplôme.
  • L’enseignement de l’entreprenariat pour les ingénieurs à l’international.
  • L’apport de l’environnement digital pour l’enseignement de l’ingénierie dans un contexte international.

Cette célébration a été l’occasion de réfléchir au renforcement de ce partenariat pour les cinq années à venir. Un comité composé de quatre membres de chaque établissement a été mis en place afin d’animer et de faire prospérer cette dynamique.