Égalité femmes-hommes : Un projet d’application industriel sur la parité

Attirer les jeunes filles vers des carrières d’ingénieur : c’est l’objectif de « Jeu de Portraits », un Projet d’Application industriel (PAI) soutenu le 26 avril dernier par un groupe de six élèves, proposé par l’Association Elles Bougent et Isabelle Trebinjac, chargée de mission égalité femmes-hommes à l’École Centrale de Lyon.

Graphique pourcentage de femmes historique Centrale Lyon

Les jeunes femmes sont encore trop peu nombreuses dans les cursus d’ingénieurs. Malgré une progression constante depuis 1967, l’École Centrale de Lyon n’en compte que 23,5%. Le Projet d’application industriel « Jeu de Portrait » a l’ambition de démontrer aux adolescentes qu’elles ont autant leur place qu’un homme dans un métier technique et scientifique. Pour les convaincre, six élèves de 2e année, trois filles et trois garçons, ont réalisé des portraits de femmes ingénieures de grandes entreprises (EDF, TOTAL, Schneider Electric, ALSTOM…). Toutes témoignent de leur parcours et de leur place en tant que femme dans leur entreprise : « En réunion, j’étais souvent, la seule femme, la plus jeune et la plus petite, mais pas forcément celle qui parlait le moins ! », raconte ainsi Sylvaine Maurau, chargée de mission Programme de réhabilitation des sols des sites nucléaires en déconstruction chez EDF. « Il ne faut pas avoir peur, nous sommes aussi compétentes que les hommes », affirme une autre participante, Claire Riffard, chef de projet adjointe chez ALSTOM. « Les filles manquent de représentations féminines dans le domaine des sciences et techniques », constate Isabelle Trebinjac, chargée de mission égalité femmes-hommes et professeure à l’École Centrale de Lyon. « C’est pourquoi ces portraits de femmes ingénieures me semblent un bon vecteur de communication et d’information auprès des jeunes filles. »

Un questionnaire pour mettre en lumière les inégalités ressenties par les femmes

Les six étudiants ont aussi réalisé deux questionnaires pour sensibiliser les élèves-ingénieurs, les professeurs et l’ensemble du personnel de l’École Centrale de Lyon aux inégalités rencontrées au sein du campus. « Le ressenti des inégalités est plus important en nombre chez les femmes », constatent les étudiants, qui ont aussi créé une page Facebook « Femme ingé ? Meme PA cap ».

Ce projet servira à l’association Elles Bougent qui organise des actions de sensibilisation pour encourager les jeunes filles à s’engager dans des filières scientifiques. L’association intervient régulièrement en collège et lycée. « Nous espérons que notre rapport inspirera des jeunes filles », conclut Laura, la chef de projet. Car pour Isabelle Trebinjac, elle-même titulaire d’une thèse en mécanique et enseignante-chercheuse en mécanique des fluides au LMFA, « c’est dès le primaire ou le collège qu’il faut mettre les filles en appétit scientifique ».